Hygiène et asepsie : l’étude qui classe les chirurgiens-dentistes à la première place

20/01/2009

Parmi les bons élèves des bonnes pratiques en hygiène et asepsie, la profession dentaire se place au tout premier rang, selon les chiffres de l’enquête de la direction générale de la santé (DGS).

La profession dentaire doit-elle être prise pour modèle s’agissant des pratiques de désinfection et de stérilisation en milieu libéral ? Oui et non. Oui, parce que, au vu des résultats de l’enquête de la DGS, les chirurgiens-dentistes présentent les meilleurs scores dans la majorité des domaines. Non, parce que la spécificité de notre exercice crée son exception. De fait, il paraît peu pertinent de mettre sur la même échelle notre profession, qui pratique des actes invasifs, et d’autres disciplines telles que la médecine générale, la kinésithérapie ou la radiologie. 95 % des chirurgiens-dentistes réalisent des actes invasifs contre 71 % pour l’ensemble de l’échantillon de l’enquête commanditée par la DGS. Les comportements en matière d’hygiène, de désinfection et de stérilisation ont évidemment pour corollaire la nature de la pratique. Pour autant, si l’on compare les évolutions de nos comportements avec la tendance dominante, on constate que, bien souvent, les autres professions de santé ne font que rattraper les pratiques acquises et intégrées par les chirurgiens-dentistes depuis plusieurs années, tandis que nous-mêmes continuons d’améliorer nos pratiques.

Prenons un exemple : le port des gants au cabinet dentaire est passé, entre 2002 et 2007, de 86 % des professionnels de santé à 89 %, toutes les professions ayant augmenté leur ratio en la matière. Tous sauf une : la profession dentaire ! Et pour cause : depuis 2002, la profession plafonne à 99 % (98 % en 2007)… Même constat pour le port du masque (ou des lunettes de protection au cabinet dentaire) : première profession en 2002 avec 73 % des praticiens affirmant porter un masque, elle occupe toujours la tête en 2007 avec 96 % des praticiens portant un masque (contre 41 % de spécialistes et 37 % de médecins généralistes).

70 % de la stérilisation confiée aux assistantes

En ce qui concerne la stérilisation, il est intéressant de noter que la profession dentaire se situe à contre-courant des autres professions : 70 % de nos confrères délèguent désormais cette tâche à leur assistante (contre 66 % en 2002) alors que, pour les autres professions, seuls 39 % des praticiens délèguent cette tâche (contre 38 % en 2002). Les auteurs constatent que les « tierces personnes » prenant en charge cette activité sont de plus en plus nombreuses à avoir reçue une formation intégrée dans le cadre du cursus initial (56 % contre 41 %) et, inversement, que l’apprentissage en autodidacte de ces pratiques tend à diminuer (28 % en 2007 contre 42 % en 2002). La formation reçue en matière de stérilisation et de désinfection constitue d’ailleurs, selon eux, l’évolution majeure dans le domaine des dispositifs médicaux.

Soulignons que, à 98 % (+ 3 points par rapport à 2002) nos confrères disposent d’une installation avec un point d’eau consacré au traitement de leur matériel. Ce qui place notre profession loin devant les spécialistes (64 %) bien que l’on constate que l’écart diminue (+ 7 points par rapport à 2002). 

 

Autre constat significatif indiquant une certaine « avance » de notre profession : le choix du système de stérilisation. Si déjà, en 2002, les confrères utilisaient majoritairement la stérilisation par autoclave (76 %), ils sont aujourd’hui encore plus nombreux à le faire (83 %), une tendance désormais adoptée par les autres professions puisque ce type de matériel gagne 14 points (de 32 % à 46 %) s’agissant de l’ensemble de l’échantillon. Le four « Poupinel » voit en revanche son utilisation décliner de manière significative (29 % d’utilisateurs contre 45 % en 2002) dans l’ensemble des professions de santé mais, pour nous, il est pratiquement rayé de la carte : on ne dénombrait que 24 % des utilisateurs en dentaire en 2002, ils ne sont plus que 8 % en 2007.

La spécificité de nos comportements en matière de stérilisation ne s’arrête pas là puisque seule la profession dentaire utilise en grande majorité (89 %) des sachets individuels au détriment de boîtes ou sachets collectifs. 

Une copie propre pour les chirurgiens-dentistes

 

S’agissant de la traçabilité du matériel réutilisable, on pourrait dire d’une manière imagée, que les chirurgiens-dentistes représentent les bons élèves d’une classe moyenne en la matière puisque pas moins de deux tiers des professionnels n’assureraient pas la traçabilité contre 54 % (alors que notre profession montre une amélioration de 16 points par rapport aux chiffres de 2002).

Les chirurgiens-dentistes se distinguent encore sur la gestion des déchets médicaux à risque infectieux : 91 % d’entre nous les confient à une société de collecte et de traitement spécialisés contre seulement 65 % pour l’ensemble des professions (contre 57 % en 2002. Ou encore s’agissant de l’information sur les procédures d’hygiène de base : 94 % estiment être informés contre 84 % pour l’ensemble de l’échantillon. Bref, en matière d’hygiène, de stérilisation et de désinfection, c’est une copie très propre que rend notre profession.