Amalgames dentaires : le degré zéro de l’info

26/12/2011

En dépit des affirmations de certains médias généralistes, pour les experts et la communauté scientifique internationale, l’amalgame dentaire reste un matériau d’obturation sûr et sans danger pour la santé des patients.

Certains médias se sont récemment penchés sur la question de l’amalgame dentaire. Las, ils ont parfois repris, sans discernement, la communication d’associations engagées dans la lutte contre cette thérapeutique largement utilisé par les chirurgiens-dentistes. Or, pour ces associations, le caractère nocif du mercure contenu dans les amalgames est avéré… alors même que les rapports nationaux de l’Afssaps ou européens démontrent le contraire. En effet, en l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que les amalgames font courir un risque quelconque à la santé. Selon les données scientifiques disponibles, ils constituent un matériau d’obturation sûr et de bonne qualité qui reste le plus adapté dans de nombreuses situations cliniques. À ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’a ainsi pu mettre en évidence des effets néfastes des obturations en amalgame sur l’état de santé général des patients. Si quelques réactions locales d’intolérance bénignes et réversibles ont été signalées, on ne connaît pas un seul cas avéré d’intoxication mercurielle d’un patient par les amalgames dentaires. Faut-il rappeler à cet égard que, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à l’American Council on Science and Health, en passant par le Comité scientifique des risques sanitaires récemment identifiés et émergents (Scientific Committee on Emerging and Newly Identif ied Health Risks ou Scenihr) et le Comité scientifique des risques sanitaires et environnementaux (Scientific Committee on Health and Environmental Risks ou Scher), tous les comités d’experts qui, dans le monde entier, ont publié sur ce sujet au cours des vingt dernières années partagent cet avis. À l’argument, souvent avancé, que la France ferait cavalier seul et que les pays scandinaves ont, eux, depuis longtemps retiré ces produits du marché, relevons que sur la quasi-totalité de la planète (USA, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Pologne, etc.), les amalgames sont toujours utilisés. Les rares pays (comme la Norvège) qui en ont interdit l’usage ne l’ont fait que pour des raisons environnementales et non pour une nocivité supposée des amalgames sur la santé des personnes soignées. Pour le Conseil national – emboîtant en ce sens le pas de l’Afssaps et du ministère de la Santé –, il n’est absolument pas justifié, du point de vue de la santé publique, de déconseiller l’utilisation des amalgames dentaires et encore moins de susciter des craintes irrationnelles à ce propos. Au nom d’un risque de nocivité purement hypothétique et jamais démontré, on risquerait alors de se priver d’un moyen thérapeutique encore irremplaçable à ce jour dans la lutte contre la carie dentaire – carie dont la nocivité, elle, est bien avérée.