Permanence des soins : le ministère de la Santé veut s’inspirer du modèle finistérien

09/05/2012

Dans leurs travaux sur la prise en charge des urgences dentaires, les Agences régionales de santé ont été invitées par le ministère de la Santé à prendre en exemple le dispositif développé dans le Finistère par le conseil départemental, le CHRU de Brest et le Samu.  

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé a demandé aux directeurs généraux des Agences régionales de santé d’inscrire à l’ordre du jour des prochaines réunions des Comités départementaux de l’aide médicale urgente, de la permanence des soins et des transports sanitaires (Codamups) « les problématiques de la réponse aux demandes urgentes de soins dentaires ». À ce titre, le ministère rappelle, dans une circulaire, l’importance de la présence des représentants départementaux de l’Ordre au sein des Codamups. Mieux : pour améliorer la réponse aux besoins urgents en soins dentaires, le ministère cite en exemple le dispositif mis en place par le conseil départemental de l’Ordre du Finistère et le Centre hospitalier régional universitaire de Brest.

Précisément, le ministère qui souhaite offrir une réponse aux besoins en soins dentaires d’urgence « plus lisible et mieux adaptée aux différents territoires et aux différents créneaux horaires » souhaite que les ARS établissent un diagnostic partagé du niveau d’adéquation des dispositifs répondant aux besoins urgents en soins dentaires actuellement en place aux besoins de la population, d’une part, et définissent les mesures à mettre en oeuvre en vue d’améliorer les situations locales, d’autre part.

Dans cette optique, la circulaire souligne le rôle essentiel des représentants ordinaux : « Les conseils départementaux de l’Ordre des chirurgiens-dentistes veillent à ce que les chirurgiens-dentistes prêtent leur concours aux mesures prises en vue d’assurer la permanence des soins et la protection de la santé, et assurent donc un service de garde, conformément à leurs obligations déontologiques. Ils jouent donc un rôle essentiel dans la qualité de la réponse aux besoins de la population en matière de santé bucco-dentaire. Aujourd’hui, presque tous les départements disposent d’un service de garde dentaire organisant un roulement entre les chirurgiens-dentistes du département. Pour autant, les organisations demeurent hétérogènes et offrent peu de lisibilité aux patients. Des disparités importantes persistent selon les territoires. Certains créneaux sont insuffisamment couverts par rapport aux besoins exprimés. Il arrive aussi que des chirurgiens-dentistes soient mobilisés ou dérangés inutilement. »

Afin d’organiser sur le plan national le traitement des urgences dentaires, le ministère suggère aux Codamups de s’inspirer d’une expérience développée dans le Finistère. À l’initiative du conseil départemental du Finistère, du service d’odontologie du CHRU de Brest et du Samu a ainsi été mis en place un système commun de prise en charge des urgences dentaires. La gestion des urgences dentaires est centralisée par le Samu. Un arbre décisionnel détaillant le niveau d’urgence en fonction de la douleur ou du traumatisme dentaire est confié au Centre 15. En fonction du degré d’urgence et de la gravité de la pathologie (que l’arbre décisionnel permet d’estimer avec acuité), le patient est orienté soit vers le praticien libéral de garde le plus proche, soit vers le praticien hospitalier d’astreinte au CHRU. Pour le ministère, il convient désormais de s’appuyer sur de telles expériences dont l’efficacité a été prouvée : « Dans certains départements, les professionnels se sont d’ores et déjà impliqués dans la recherche d’une plus grande coordination entre libéraux et hospitaliers en matière de réponse à ces besoins. C’est le cas dans le Finistère, qui a mis en place une organisation impliquant de façon cordonnée les chirurgiens-dentistes libéraux, sous l’égide du conseil départemental de l’Ordre, et des hospitaliers exerçant au sein du Samu Centre 15 et des services d’odontologie. La décision d’orientation suite aux appels s’appuie sur des arbres décisionnels spécialisés. Il s’agit d’un exemple de dispositif efficace, adapté aux réalités locales, impliquant les professionnels de manière ciblée. » Et le ministère de conclure qu’avec ce type de dispositif « les patients bénéficient d’un service de meilleure qualité, et les ressources sont mobilisées de façon plus pertinente ».