Les praticiens et les Français ont une bonne image de l’Ordre

03/11/2016

Le Conseil national a réalisé un baromètre d’image de l’institution ordinale auprès de trois cibles : les chirurgiens-dentistes, le grand public et les acteurs du système de santé. L’objectif de ces trois enquêtes : saisir les attentes de la profession et des patients pour renforcer l’action de l’Ordre en faveur de la santé publique.

70% des chirurgiens-dentistes ont globalement une bonne image de l’Ordre. Voilà l’un des résultats de la consultation nationale lancée par l’Ordre en septembre dernier auprès des praticiens. L’objectif de cette enquête : mieux comprendre les préoccupations de ses ressortissants et saisir leurs attentes vis-à-vis de l’Ordre. Deux audits complémentaires ont aussi été réalisés, toujours sur l’image de l’Ordre, auprès du grand public et des acteurs du système de santé. Nous détaillons ci-après les résultats de ces trois enquêtes.

L’Ordre et les praticiens

Premier enseignement de cette étude à laquelle 3 849 praticiens ont répondu (1) : leur « vécu professionnel » est largement positif. Il se traduit par la fierté d’exercer et « un bon relationnel » entre les praticiens et leurs patients. Deux bémols sont cependant soulevés : la sécurité au sein du cabinet dentaire et le poids de plus en plus lourd des démarches et des charges administratives, ce qui n’étonnera personne. Autre point : la volonté ordinale de défendre la profession et l’éthique est bien perçue. Ainsi, pour 98 % des chirurgiens-dentistes, l’Ordre joue son rôle, et 89 % des répondants sont satisfaits de son action.
Cependant, des axes d’amélioration se sont exprimés. Les praticiens attendent de l’Ordre une plus grande proximité, un poids politique plus affirmé et une « plus grande efficacité ». Ils manifestent une forte attente d’accompagnement, de la gestion du cabinet dentaire (pour 56 % d’entre eux) à la revalorisation des actes (pour 80 % des répondants). Ils demandent également une « meilleure défense » de la profession (dans les médias et auprès des autorités de tutelle). Interrogés sur leurs sujets de préoccupation pour l’avenir, les praticiens se disent inquiets à propos l’accroissement du travail administratif, mais aussi de la nature des relations avec les complémentaires santé. Ils s’inquiètent aussi de la mauvaise image de la profession véhiculée par les médias.
En conséquence, « une forme de lassitude physique et morale s’est dégagée dans les réponses », souligne l’étude. S’agissant des reproches exprimés par rapport à l’institution ordinale, 72 % des praticiens estiment qu’elle est indispensable, mais qu’elle doit être « plus ambitieuse ». À noter que les jeunes chirurgiens-dentistes sont 70 % à avoir une bonne image de l’Ordre, un chiffre équivalent à celui des praticiens plus âgés. Il n’en reste pas moins qu’une forte minorité d’entre eux manifeste le besoin d’une attention accrue de l’Ordre envers les praticiens, sans que ce besoin soit pour autant bien identifié. Au total, les praticiens expriment le souhait que l’Ordre témoigne « davantage de proximité » concernant leurs problèmes et questionnements. Ils sont aussi demandeurs d’une plus grande « ambition » dans son action quotidienne.

L’Ordre et le grand public

L’objectif de deuxième enquête consistait à évaluer le degré de connaissance des Français relatif à l’Ordre, l’image qu’ils en ont et les attentes qu’ils pourraient manifester. Une étude a été réalisée du 5 au 12 octobre dernier sur un échantillon national représentatif de la population résidant en France de 800 personnes, recrutées sur Internet selon la méthode des quotas.
En termes de notoriété, l’Ordre des chirurgiens-dentistes n’est pas la première instance ordinale qui vient à l’esprit des Français (notoriété spontanée : 7,1 % des répondants). Il se place loin derrière celui des avocats. Néanmoins, 77 % des Français savent que les chirurgiens-dentistes ont un Ordre et 49 % en ont déjà entendu parler.
Quant à son image, les qualités prêtées à l’Ordre en font un acteur très prisé du secteur de la santé (loin devant les assureurs ou l’État). Il bénéficie d’une excellente image a priori pour les 50 % des Français qui le connaissent. Sens de l’éthique, honnêteté, compétence, vision à long terme de la santé buccodentaire : telles sont les qualités évoquées par les Français qui forgent une image positive de l’Ordre. S’agissant du rôle de l’Ordre, les Français le perçoivent comme régalien, c’est-à-dire en charge du respect de la déontologie et du contrôle de l’accès à la profession. Dans une perspective d’avenir, les Français souhaitent que l’Ordre multiplie ses interventions dans le domaine de la santé publique.

L’Ordre et les acteurs dentaires et du système de santé

L’objectif de la troisième et dernière enquête visait à recueillir l’avis de représentants d’institutions ou d’organismes dont l’action a un impact direct ou indirect sur la profession. Pour ce faire, plus d’une douzaine d’entretiens ont été menés auprès des instances suivantes :

  • La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) ;
  • Le Centre national de gestion (CNG) (chargé notamment de l’inscription à la Paces) ;
  • La Haute Autorité de santé (HAS) ;
  • La Cour des comptes ;
  • Le Sénat ;
  • La Mutualité française ;
  • Un conseiller à la présidence de la Répubique ;
  • Le ministère de la Santé ;
  • Le réseau de soins Santéclair ;
  • La Société française d’économie de la santé (SFES) ;
  • Un industriel.

Quels en sont les principaux résultats ? Il ressort de ces entretiens que l’Ordre possède une image le plus souvent réduite à celle de gardien de la déontologie assurant la permanence de la profession. Le périmètre réel d’intervention de l’Ordre reste encore peu connu, même auprès des « sachants », avec une nature des actions concrètes bien souvent ignorée. Pour les auteurs de l’étude, l’Ordre apparaît ainsi comme une sorte de « gouvernement sans exécutif ». Des différents entretiens se dégage en effet l’idée d’une inertie de l’Ordre face aux enjeux actuels. Parmi les attentes exprimées par ces différents organismes, certains interlocuteurs regrettent que l’Ordre ne soit pas partie prenante (ce qu’il n’est pas supposé être, les négociations relevant du jeu conventionnel entre l’assurance maladie et les syndicats) sur la question du financement des soins bucco-dentaires et du reste à charge. « Il faut faire de l’Ordre un catalyseur opérant entre Cnam, HAS, Mutualité et patients. Lui seul pourrait le faire… », estime l’un des décideurs interrogé. Parmi les axes d’évolution possible, les entretiens mettent en évidence la nécessité d’établir une définition claire du périmètre de l’Ordre.

(1) La consultation s’est déroulée en deux étapes. Dans un premier temps, un sondage de calage, selon la méthode des quotas, a été réalisé : 1 233 praticiens y ont répondu sur les 4 000 invités à participer. Seconde étape, la consultation nationale ouverte à l’ensemble de la profession. 2 616 praticiens y ont participé sur 32 500 invités par mail à y répondre. Au total, 3 849 chirurgiens-dentistes se sont exprimés.