Convention : l’espoir déçu ?

01/02/2017

En matière de convention, l’Ordre a pour mission de n’intervenir qu’après la signature des parties à la négociation, pour avis déontologique. Hélas ! la situation est aujourd’hui préoccupante.

La déception est à la hauteur des espoirs que suscitaient les négociations conventionnelles lorsqu’elles se sont ouvertes à l’automne dernier. La profession et ses représentants manifestaient un réel enthousiasme. Après des décennies de statu quo, chacun était désormais convaincu de la nécessité d’articuler la prise en charge financière des soins dentaires à une pratique médicale moderne, innovante, orientée sur les actes de prévention et les soins conservateurs. De la négociation sont certes sorties des avancées non contestables, entre autres en faveur de la prévention et de la prise en charge des patients physiquement ou économiquement vulnérables, mesures qui mériteraient d’ailleurs d’être amplifiées.

Mais, à cela près, ce moment historique, cette révolution que tout le monde appelait de ses vœux lors du Grenelle de la santé bucco-dentaire est en train de tourner court. Pour la première fois dans l’histoire conventionnelle, un arbitrage intempestif est imposé. Risque-t-il de faire fi des avancées jusque-là négociées ? Rappelons qu’une médecine bucco-dentaire de qualité, innovante, arrimée aux standards internationaux, une pratique conforme aux données avérées de la science, gage d’une bonne santé générale, ont une incidence économique sur le fonctionnement d’une structure de soins. Or, cette dentisterie moderne risque de ne plus être à la portée des Français.

Les solutions issues de l’arbitrage vont-elles confirmer la dynamique des négociations ou proposer une médecine bucco-dentaire de pénurie, inacceptable pour les patients ? Par délégation de service public, l’Ordre est le garant de la santé bucco-dentaire des Français. Il a donc le devoir d’alerter sur les risques d’une telle situation. L’Ordre comprend et partage la position des syndicats, des universitaires et des étudiants. Ce sont ces étudiants qui seront appelés à appliquer une convention qui ne leur permettrait pas d’exercer selon l’enseignement de qualité dispensé à l’université.

L’Ordre ne se résout pas à cet avenir.