Agrément de l’Ordre : gare aux fraudes !

01/06/2017

[1er juin 2017]

Les praticiens sont invités à répondre dès à présent à une enquête visant à évaluer leurs connaissances et leurs pratiques en matière d’antibiothérapie. Dix minutes suffisent pour y répondre de façon anonyme.

À partir du mois de juin et jusqu’à la fin août, tous les chirurgiens-dentistes sont invités à répondre à un questionnaire en ligne sur leurs pratiques en termes de prescriptions d’antibiotiques. « Il s’agit d’une enquête nationale inédite visant à étudier les comportements de prescription d’antibiotiques dans la pratique bucco-dentaire. Cette enquête est fondamentale dans la mesure où l’antibiorésistance constitue un grave problème de santé publique et une menace sanitaire mondiale », explique Dominique Chave, membre du Conseil national, présidente de la Commission de la vigilance et des thérapeutiques qui pilote l’enquête sur le plan ordinal. Et d’ajouter : « L’aide de tous les chirurgiens-dentistes est indispensable pour mener cette enquête qui ne prendra que dix minutes de leur temps. N’oublions pas qu’il existe de plus en plus de souches résistantes. »

L’objectif : dresser un premier portrait des perceptions, des attitudes et des pratiques des chirurgiens-dentistes concernant les prescriptions d’antibiotiques et de la résistance bactérienne. À l’issue de l’enquête, les praticiens auront la possibilité de demander (via une adresse mail) de la documentation pour améliorer leurs connaissances et leurs pratiques en matière d’antibiothérapie.

La maîtrise de la résistance bactérienne aux antibiotiques est un enjeu majeur de santé publique d’autant plus que l’antibiorésistance est considérée, répétons-le, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’une des principales menaces sanitaires mondiales. Ce phénomène, très fortement corrélé à la consommation d’antibiotiques, invite à s’interroger sur les pratiques de prescription des professionnels de santé et sur les moyens à mettre en œuvre pour les améliorer.

Bien que la médecine bucco-dentaire, en France, représente moins de 10 % des prescriptions d’antibiotiques en médecine de ville, le recours parfois inutile à une antibiothérapie ou à l’utilisation de molécules inadaptées à la situation clinique est susceptible de favoriser l’émergence de résistances.

À l’inverse, la prévention d’infections liées à une mauvaise santé buccodentaire peut contribuer à réduire l’exposition des bactéries aux antibiotiques. Cette double dimension confie donc un rôle essentiel aux chirurgiens-dentistes dans la maîtrise de l’antibiorésistance. Pourtant, en dehors de quelques études ponctuelles et ciblées, peu de données sont disponibles en France sur le niveau de connaissance et les pratiques des chirurgiens-dentistes en antibiothérapie.