Les patients, les praticiens et la télévision

05/09/2017

[5 septembre 2017]

La charte « Publicité et information dans les médias » édictée par l’Ordre vient d’être actualisée afin de mieux expliquer les règles s’imposant aux chirurgiens-dentistes lorsqu’ils interviennent dans les supports de communication, notamment sous forme d’interviews télévisées.

Les chirurgiens-dentistes sont de plus en plus sollicités par les médias pour donner des interviews à la presse, et plus fréquemment encore à la télévision. C’est la raison pour laquelle il est apparu nécessaire au Conseil national de mieux baliser le cadre déontologique de ces interventions, l’objectif étant de respecter les règles, notamment s’agissant du secret professionnel. C’est dans ce cadre que la Charte ordinale relative à la publicité et à l’information dans les médias, éditée en 2014, vient de faire l’objet d’une actualisation. Les points essentiels impactés par cette mise à jour sont exposés ci-dessous.

• Le respect du secret professionnel

Le respect du secret professionnel est un principe à valeur absolue, le patient lui-même ne pouvant délier le praticien de son obligation au secret. Concrètement, dès lors qu’un patient est filmé au sein d’un cabinet dentaire, il ne doit en aucun cas être identifiable. Son visage doit systématiquement être flouté, y compris dans l’hypothèse où il souhaiterait donner une autorisation expresse pour que son visage soit reconnaissable. Bien entendu, le nom du patient ne doit être ni écrit ni mentionné dans le reportage. Plus largement, tout élément permettant de l’identifier doit être proscrit (par exemple des plans de sa carte Vitale, des images d’écrans d’ordinateur où figure son nom, etc.). Enfin et bien sûr, la participation (directe ou indirecte) du patient, dont le visage sera flouté ou qui sera filmé de dos, à une interview donnée par son praticien requiert son accord.

• L’interdiction de publicité

Lorsqu’un praticien livre une interview, il doit veiller à ne pas faire sa promotion personnelle ou celle de son cabinet dentaire (consultez à cet égard la rubrique « Qu’est ce qu’un procédé de publicité prohibé par le Code de déontologie » de la Charte ordinale relative à la publicité et à l’information dans les médias).

En particulier, le praticien ne doit pas communiquer l’adresse du cabinet. De plus, la plaque, le papier à en-tête ou tout autre support comportant les mêmes mentions ne doivent pas être photographiés ni filmés.

• Le principe de confraternité et la dignité professionnelle

Quels que soient l’objet de l’interview et la « qualité » au nom de laquelle l’accorde le chirurgien-dentiste – en son nom propre ou en tant que représentant d’un organisme professionnel (ordinal, syndical, scientifique ou de formation continue) –, il doit veiller à respecter le Code de déontologie, notamment en ne dénigrant pas ses confrères et en ne portant pas atteinte à la dignité de la profession.

Faut-il le rappeler, tous ces principes s’appliquent dès lors que l’interview se déroule au sein d’un cabinet dentaire, indépendamment de la « qualité » au titre de laquelle s’exprime le praticien.