Une accélération décisive sur le dossier de l’accès aux soins

26/09/2017

[26 septembre 2017]

Pour mobiliser concrètement les énergies, le Conseil national de l’Ordre publie un premier rapport Accès aux soins bucco-dentaires, qui expose les initiatives, les associations et les réseaux engagés dans l’accès aux soins des personnes en situation de dépendance, de handicap ou de précarité.

Le rapport 2017 Accès aux soins bucco-dentaires, publié le 20 septembre dernier par le Conseil national de l’Ordre, marque une étape importante dans l’avancement du chantier de l’accès aux soins des publics vulnérables. On parle ici des personnes âgées en situation de dépendance et des personnes en situation de handicap ou de précarité. Le Conseil national de l’Ordre et son président, Gilbert Bouteille, ont fait de l’accès aux soins de ces populations l’une de leurs priorités. Cette priorité s’est traduite dans un premier temps par un état des lieux des actions et un recensement des actions, des associations, des structures et des réseaux de soins dédiés à la prise en charge de ces patients.

Il s’agissait ainsi de formuler les grands axes d’une vraie politique d’accès aux soins bucco-dentaires. Dominique Chave, présidente de la commission de la vigilance et des thérapeutiques, et Christian Winkelmann, responsable du pôle Patients, sont les artisans de ce travail. Ils se sont appuyés sur le réseau des référents Handicap départementaux qu’a lancé le Conseil national de l’Ordre en 2010. Ils ont décidé d’élargir leur champ de compétences aux trois publics ciblés.

Aujourd’hui, chaque référent Handicap départemental dispose d’un état précis de la demande et de l’offre de soins sur son territoire : cliniques, réseaux, praticiens libéraux ayant déclaré des compétences spécifiques pour ces types de soins, praticiens libéraux formés au Méopa, services hospitaliers odontologiques, etc. Il identifie toutes les initiatives existantes, souvent isolées. Il est désormais en capacité de flécher un parcours de soins adapté à une demande spécifique… lorsque cette offre existe. Lorsqu’elle n’existe pas, son rôle consiste à susciter des vocations pour créer une dynamique.

En pratique, lorsqu’un patient se rapproche du conseil départemental pour obtenir de l’aide ou des informations, le conseil sollicite le référent Handicap, qui détermine si le patient peut être pris en charge dans le secteur libéral. Si tel n’est pas le cas, le référent propose d’autres offres de soins via les réseaux, les associations ou encore les services hospitaliers. Dans certaines situations d’urgence, il peut éventuellement organiser l’intervention d’un chirurgien-dentiste à domicile si les moyens humains ou associatifs existent. Afin d’épauler les référents Handicap départementaux, 23 postes de « coordinateurs régionaux » ont été créés cette année. Leur rôle : donner de la visibilité aux parcours de soins (cabinets dentaires de ville/hôpital), contribuer au développement des dispositifs existants, favoriser la création de réseaux ou de structures spécifiques et, enfin, rechercher des financements.

Le rapport Accès aux soins buccodentaires est assorti de nombreux axes de travail dont :

  • Le développement des techniques spécifiques : formation des praticiens aux soins bucco-dentaires spécifiques sous Méopa ou sous hypnose et à la télémédecine pour réaliser un prédiagnostic à distance, etc. ;
  • Le maillage des centres ressources : chaque territoire de santé devrait disposer d’un centre ressources (service hospitalier, réseau, structure dédiée, etc.) ;
  • Le développement des unités mobiles de soins : bus, cabinets démontables (fauteuils pliants, cassettes de matériel, etc.) ;
  • La création de postes de praticiens hospitaliers avec l’ouverture de services d’odontologie hospitaliers ;
  • La recherche de partenariats financiers : sollicitation des ARS pour obtenir des aides financières en faveur de la prévention et des soins, des URPS pour la formation des praticiens et des CPAM pour la prise en charge des transports vers les cabinets libéraux ou les structures dédiées.

Il ressort du rapport Accès aux soins bucco-dentaires que les initiatives fonctionnent grâce à la synergie et à l’implication de l’ensemble des acteurs : les chirurgiens-dentistes libéraux ou retraités, les Agences régionales de santé, les collectivités territoriales, les organismes à caractère social (Samu social, Médecins du monde, Emmaüs Solidarité, etc.), les URPS, les conseils départementaux, les conseils régionaux, les universités, les centres hospitaliers…

Les dispositifs présentés dans le rapport montrent l’investissement des chirurgiens-dentistes qui s’engagent en faveur de l’accès aux soins pour tous et qui peuvent ainsi servir d’exemple aux chirurgiens-dentistes pour développer d’autres expérimentations.