Enquête sur huit ans d’antennes délocalisées des facs d’odontologie

06/11/2017

[6 novembre 2017]

Consommation de soins bucco-dentaires et répartition des praticiens sur le territoire selon l’âge, le sexe et le mode d’exercice : la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) livre une étude sur les dépenses de santé dans laquelle un chapitre est dédié aux soins bucco-dentaires et aux chiffres clés de notre profession.

« La consommation de soins bucco-dentaires s’élève à 11,1 milliards d’euros en 2016, soit une hausse de 2,9 % en valeur par rapport à 2015 », relève la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans une étude intitulée « En 2016, les dépenses de santé retrouvent leur dynamisme », parue en septembre dernier. Les principales dépenses portent sur les actes chirurgicaux, les soins orthodontiques et les honoraires des chirurgiens-dentistes. Toutefois, la dynamique réelle de la consommation de soins bucco-dentaires reste « difficile à appréhender, les soins non remboursables étant mal mesurés », précisent les auteurs de l’étude. Depuis 2009, le prix des soins bucco-dentaires progresse de 1 % environ par an (+ 0,7 % en 2016). Les volumes de soins dentaires, « plus dynamiques » en 2016 qu’en 2015 (+ 2,2 % contre + 0,8 %), sont liés à la hausse du nombre d’actes chirurgicaux (+ 2,3 % en 2016) et des soins orthodontiques.

Parmi les soins remboursables, la part des dépassements dans les honoraires dentaires s’est repliée de 2,1 points entre 2013 et 2016, même si « elle demeure […] à un niveau élevé en 2016 (50,9 %), leur hausse ayant été quasi constante jusqu’en 2013 », précise la Drees. Et d’ajouter : « Les dépassements d’honoraires dentaires sont concentrés sur les prothèses et actes d’orthodontie, seuls actes dentaires remboursables pour lesquels ils sont autorisés. Compte tenu de ces dépassements, les soins prothétiques constituent, en 2015, environ 56 % des honoraires totaux identifiés des chirurgiens-dentistes, loin devant les soins conservateurs et chirurgicaux (23 %) et les traitements d’orthodontie (15 %). »

S’agissant des effectifs et des modes d’exercice des chirurgiens-dentistes, sans grande surprise, l’activité libérale prédomine. L’exercice salarial séduit cependant de plus en plus de praticiens. D’après les données du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), 42 197 chirurgiens-dentistes sont recensés en France, dont environ 950 dans les départements et régions d’outre-mer (Drom). Les effectifs augmentent de 0,8 % par an depuis 2011, en raison de l’élargissement progressif du numerus clausus, passé de 930 par an au milieu des années 2000 à près de 1 200 depuis 2012. Auparavant, la démographie était orientée à la baisse (-0,3 % par an entre 2006 et 2010). « L’augmentation des effectifs se fait via les chirurgiens- dentistes salariés, en forte progression depuis 2011 (+ 5 % par an en moyenne depuis 2011) », explique la Drees. Les effectifs libéraux demeurent, quant à eux, très stables pour la période 2011-2016 (+ 0,3 % par an en moyenne). La Drees dénombre ainsi 37 356 professionnels libéraux en 2016, soit 88,5 % de la profession. « Bien que cette profession reste l’une des professions de santé les moins féminisées, le taux de féminisation progresse : il est passé de 36,6 % en 2007 à 44,0 % en 2016 […]. Le nombre et la proportion de femmes dans les jeunes générations progressent : 59,1 % des chirurgiens-dentistes de moins de 30 ans sont des femmes en 2016, contre 58,6 % en 2014 », d’après les auteurs de l’étude.

S’agissant du maillage territorial, dans un contexte de libre installation, les écarts de densité entre le nord et le sud du pays restent significatifs. En 2016, la densité moyenne de chirurgiens-dentistes est de 63,2 pour 100 000 habitants. Elle est supérieure à 70 pour 100 000 en Île-de- France et dans les régions du Sud (Paca, Occitanie et Corse), tandis qu’elle est inférieure à 45 pour 100 000 en Normandie et dans certains Drom.

Plus largement, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) progresse en valeur de 2,3 % en 2016, contre 1,5 % un an plus tôt, ce qui représente 198,5 millions d’euros. Selon la Drees, « après un léger ralentissement en 2015, la CSBM croît à nouveau à un rythme proche de celui des années précédentes. Cette croissance est principalement portée par les soins hospitaliers [et] les soins de ville, notamment [par] les auxiliaires médicaux et les médecins ».

Les prix, quant à eux, continuent de reculer : - 0,6 % en 2016. La part de la dépense prise en charge par l’assurance maladie est en hausse de 0,1 point par rapport à 2015. La Drees explique cette légère hausse par « la progression du nombre d’assurés exonérés du ticket modérateur ». Autre information livrée dans cette étude : « Pour la cinquième année consécutive, le reste à charge des ménages en santé se réduit : il atteint 8,3 % de la CSBM en 2016 contre 9,2 % en 2011. Au sein de l’Union européenne, la France est le pays où le reste à charge pour les ménages est le plus limité. »