Qualifications : mode d’emploi

22/12/2017

L’Unité d’identification odontologique (UIO) entend devenir la clé de voûte de l’identification en France. Pour ce faire, elle se dote de moyens techniques et compte recruter de nouvelles ressources humaines et densifier le « club » des experts envoyés sur le terrain.

« L’Unité d’identification odontologique (UIO) entend devenir la clé de voûte de l’identification odontologique en France », annonce Serge Fournier, conseiller national et président de la commission d’odontologie médico-légale (OML), organe auquel est rattachée l’UIO. Pour ce faire, l’UIO a décidé de se renforcer et de s’ouvrir à de nouveaux talents. Sur ce dernier point, il s’agit de mobiliser tous les experts en identification et non plus un groupe plus ou moins fermé d’entre eux, et ce par une formation en binôme permettant à toutes les compétences de s’exprimer. Outre cette richesse humaine aujourd’hui mal exploitée, l’UIO a décidé de s’équiper en matériels, comme l’explique le président de la commission OML : « Indépendamment d’un meilleur recours aux ressources humaines et aux compétences, nous voulions nous doter de moyens techniques à la pointe de la technologie. »

En pratique, l’UIO vient de faire l’acquisition d’un appareil radiologique portable et de gilets d’intervention. S’agissant de l’appareil radiologique portable, Serge Fournier explique qu’« il en existe désormais deux en France en matière d’identification, l’un détenu par l’UIO, et l’autre par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Il s’agit très concrètement de répondre immédiatement aux besoins des autorités compétentes en matière d’identification de victimes lors de catastrophes ». Les membres de l’UIO possèdent donc aussi et désormais des gilets arborant le nouveau logo de l’UIO ainsi que prochainement des cartes professionnelles. Ces éléments peuvent apparaître comme des points de détail, mais ils sont essentiels lorsque les experts de l’UIO doivent être identifiés rapidement par les autorités pour passer les barrages de sécurité afin d’intervenir sur zone.

Mais ce n’est pas tout. L’UIO a lancé le chantier d’une vaste mise à jour de ses membres. « Le maillage territorial n’est pas homogène, explique Serge Fournier. Nous manquons notamment d’experts en Bretagne, Aquitaine, Bourgogne, Guyane et aux Antilles. Nous venons d’intégrer un expert à la Réunion. Par ailleurs, la liste des experts doit être réactualisée en temps réel, ce qui n’était pas le cas auparavant. » Cette mise à jour est d’autant plus importante que la liste est adressée, chaque année, aux préfets de région et aux autorités judiciaires compétentes. On ne s’étonnera pas que l’UIO est aujourd’hui en phase de recrutement de nouveaux experts.

Quelles compétences et aptitudes sont requises pour intégrer l’UIO ? Serge Fournier répond : « Être passionné est le maître mot. Car au-delà de la volonté de faire partie d’une équipe d’identificateurs et des qualités nécessaires, une fois inscrits sur la liste de l’UIO, les praticiens sont mobilisables 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour des missions qui peuvent durer de quelques jours à quelques semaines. » Faut-il le préciser, les praticiens qui souhaitent présenter leur candidature doivent être en activité et aptes à servir dans le cadre de missions d’identification tant physiquement que psychologiquement. Ils doivent en prime avoir validé un DU d’identification en odontologie médico-légale. Enfin, Serge Fournier rappelle la nécessité pour tous les chirurgiens-dentistes de fournir à l’Ordre leur adresse mail afin de pouvoir répondre aux alertes d’identification. Sur demande des autorités judiciaires, ces alertes déclenchées par le Conseil national sont diffusées aux praticiens selon un ciblage géographique, dès que l’identité de la personne recherchée est présumée connue. « À la demande du Quai des Orfèvres, nous avons identifié à ce jour plusieurs personnes en quelques heures. Les recherches effectuées dans les départements de l’Île-de-France, du Gard, du Vaucluse et récemment d’Ille-et-Vilaine ont donné les mêmes résultats », conclut Serge Fournier.