Briser le silence sur les violences faites aux femmes

22/12/2017

120 « référents Violences » ont été formés au sein de la profession afin d’orienter les praticiens vers les bons interlocuteurs en cas de violences subies par leurs patients ou détectées. L’Ordre a fait de cette problématique l’un de ses combats.

En novembre 2017, le Conseil national de l’Ordre par la voix de sa secrétaire générale, Geneviève Wagner, a présenté les actions actuelles et futures destinées à lutter contre les violences faites aux femmes lors d’un colloque organisé par la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains).

Il s’agit d’une problématique que nul ne peut ignorer, comme en témoignent les statistiques ministérielles : en 2016, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, soit une femme tous les trois jours. Un autre chiffre en dit long sur le silence qui persiste sur la question puisqu’un peu moins d’une femme sur cinq victime de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple a déposé plainte (Sources : ministère de l’Intérieur et enquête Cadre de vie et sécurité 2012-2017, Insee-ONDRP-SSMSI). Les professionnels de santé, dont les chirurgiens-dentistes, sont donc en première ligne pour tenter de détecter les patientes victimes de violences. Depuis deux ans, l’Ordre a fait sien ce combat contre les violences faites aux femmes en collaborant étroitement avec la Miprof.

Concrètement, fin 2016, l’Ordre a créé des référents Violences faites à autrui dans chaque département. « Véritable personne ressource pour les chirurgiens-dentistes, les référents ont pour mission d’organiser des temps de sensibilisation et d’information auprès des praticiens en présentant notamment des outils pédagogiques mis à disposition par la Miprof », explique Geneviève Wagner. En effet, la formation des chirurgiens-dentistes (comme de tous les autres professionnels de santé et de la justice, des forces de police, des pompiers, etc.) a été rendue obligatoire par la loi en ce qui concerne les violences faites aux femmes.

En 2016, 120 référents chirurgiens-dentistes ont été formés à la détection et à la prise en charge des femmes victimes de violences, mais aussi à toutes les formes de violences que peuvent subir les patients. En pratique, lorsqu’un praticien s’interroge sur le cas d’un(e) patient(e), il peut se rapprocher du conseil départemental dont il dépend afin d’obtenir les coordonnées du référent Violences faites à autrui qui, à son tour, l’orientera vers les bons interlocuteurs.

D’autre part, et rappelons-le, il est à noter que les chirurgiens-dentistes ne sont pas les seuls professionnels de santé formés par la Miprof : les médecins, les sages-femmes, les infirmiers le sont également. Toutes ces initiatives ont fait l’objet d’une présentation lors du colloque de novembre dernier.