Vers une réduction de l’amalgame dentaire

28/03/2018

Implantés dans chaque département, les référents violences ont pour mission d’informer, d’orienter, d’aider et de former les praticiens confrontés à des cas de violences subies ou détectées dans l’environnement du cabinet dentaire.

Que doit faire le chirurgien-dentiste face à ces cas de violence : violences subies et détectées pour les patients, violences faites aux femmes, harcèlement sexuel, maltraitance psychologique, violences subies au sein de l’équipe dentaire, etc. ? Le praticien n’a pas toujours les bons réflexes ou ne sait tout simplement pas comment agir. Son empathie, sa volonté d’aider peuvent le conduire à prendre des décisions inadaptées susceptibles d’aller même jusqu’à outrepasser le secret professionnel. C’est pourquoi le Conseil national a mis en place un réseau de référents « violences ». Dans chaque département, le référent « violences » a pour mission d’informer, de former, d’orienter et d’aider les praticiens exposés à ces problèmes.

Par ailleurs, il existe des documents mis à la disposition des praticiens et des référents tels que le certificat initial, le certificat d’aggravation ou encire le certificat de situation bucco-dentaire. Ils sont destinés à constater d’un point de vue médico-légal les violences volontaires, physiques ou psychiques, ainsi que les blessures involontaires subies par une victime, et à aider le praticien face à cette dernière.
S’agissant de signalement des maltraitances réalisés les praticiens, rappelons que le droit pose le principe essentiel du secret médical. Nous le savons, le respect de ce principe est fondamental en cas de violences subies par un patient dans la mesure où il permet et protège la confidence. Toutefois, il existe des dérogations à ce précepte lorsque le praticien présume, dans le cadre de son exercice, que des violences physiques, sexuelles ou psychiques ont été commises. Le Code pénal délie alors le chirurgien-dentiste du secret professionnel et l’autorise, sous certaines conditions, à alerter les autorités (article 226-14).
Enfin, rappelons qu’il est demandé au chirurgien-dentiste, de transmettre au conseil départemental dont il dépend une fiche pour signaler les agressions et actes de violences dont lui ou son équipe est victime. Celle-ci peut être aussi téléchargée sur le site Internet de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS). Pour conclure, le message principal à transmettre repose sur une consigne simple : confrontés à la violence au sein de leur cabinet ou lorsqu’ils en ont connaissance, les chirurgiens-dentistes sont fortement invités à se rapprocher de leur conseil départemental de l’Ordre.