Praticiens, besoin d’un interprète ?

17/05/2018

[2 mai 2018]

Une plateforme téléphonique référencée par la HAS met à la disposition des chirurgiens-dentistes des interprètes professionnels 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, dans toute la France.


Dans la situation la plus courante – et idéale ! –, les patients allophones qui ne parlent pas notre langue se rendent au cabinet dentaire accompagnés par un proche qui s’exprime en français. Certains chirurgiens-dentistes ont pourtant déjà été placés dans la situation très embarrassante de ne pouvoir communiquer avec un patient non francophone. Comment faire alors pour passer outre la barrière de la langue et assurer sa prise en charge ?

Bien sûr, il existe des interprètes physiques auxquels l’on peut faire appel pour une consultation, mais cette solution se programme et elle suppose un coût.

Une autre option peut être envisagée : l’interprétariat par téléphone ou vidéo. En effet, les chirurgiens-dentistes peuvent bénéficier de l’aide d’un interprète par téléphone pour pallier les difficultés d’échanges avec certains patients et, ainsi, éviter les refus de soins. L’association Inter Service Migrants Interprétariat (ISM) met à la disposition des chirurgiens-dentistes des interprètes professionnels en direct par téléphone, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, dans toute la France.

En appelant le 01 53 26 52 62, le praticien obtient « en moins de deux minutes l’assistance d’un interprète », explique l’association sur son site Internet. Il s’agit d’un service en direct, sans prise de rendez-vous.


Fonctionnement du dispositif

Dans un premier temps, le chirurgien-dentiste s’adresse en ligne à un coordinateur qui l’oriente et l’aide à identifier les besoins. Charge à lui ensuite de mettre en lien le praticien et le patient avec le bon interprète. Précisons que les interprètes d’ISM sont qualifiés, tenus au secret professionnel et au respect des règles déontologiques. L’association couvre « 140 langues et dialectes, des plus rares (comme le tagalog des Philippines) aux plus connues (l’anglais, l’allemand, le russe, etc.), en passant par les langues des communautés les plus nombreuses en France (arabes, turques, tamoules, africaines), sans oublier les idiomes locaux (peul du Sénégal, diou la, kabyle, etc.) Ce service d’interprétariat est, entre autres, mentionné par la Haute Autorité de santé (HAS) dans un référentiel de bonnes pratiques intitulé « Interprétariat linguistique dans le domaine de la santé » destiné aux professionnels de santé, dont bien sûr les chirurgiens-dentistes. Ce référentiel précise, par exemple, comment et quand faire appel à un interprète professionnel. Ainsi, dans un monde idéal, il serait souhaitable d’envisager cette prestation pour tout patient qui ne parle pas ou mal le français. Ce n’est malheureusement pas toujours possible, et c’est pourquoi la HAS retient certaines situations « prioritaires » : consultation initiale, annonce de diagnostic, consultation nécessitant de recueillir un consentement éclairé, début de traitement, changement de traitement/ protocole, restitution des résultats, proposition d’un examen/intervention chirurgicale, etc.