L’Igas livre un avis contrasté sur les réseaux de soins

09/07/2018

[25 mai 2018]

Auditionné dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire sur les déserts médicaux, l’Ordre des chirurgiens-dentistes avance dix propositions pour tendre vers un maillage homogène.

L’accès aux soins et la question de la désertification médicale constituent une préoccupation majeure. Les parlementaires se sont emparés du sujet et ont créé, en mars dernier, une commission d’enquête « sur l’égal accès aux soins des Français sur l’ensemble du territoire et sur l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour lutter contre la désertification médicale en milieux rural et urbain ».

Dans le cadre de cette commission, Myriam Garnier, secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre et présidente de la commission Démographie, a été entendue le 19 avril dernier à l’Assemblée nationale, avec ses homologues médecins, sages-femmes et pharmaciens. L’objectif : faire émerger, à partir des auditions réalisées auprès des professionnels de santé, des pistes d’amélioration et des propositions concrètes. Au cours de cette audition, l’Ordre a avancé dix propositions, détaillées ci-dessous.

1. Créer des unités odontologiques dans les régions dépourvues de faculté de chirurgie dentaire. Dix unités existent déjà (Amiens, Caen, Dijon, Le Havre, Limoges, Metz-Thionville, Orléans, Périgueux, Poitiers et Rouen) et deux autres sont en cours de création au Mans et à Tours.

2. Renforcer la coordination hôpital/ cabinet de ville pour une meilleure prise en charge des pathologies bucco-dentaires spécifiques et une meilleure régulation de l’accès aux soins.

3. Intégrer la présence obligatoire d’un chirurgien-dentiste dans les maisons de santé pluriprofessionnelles pour faciliter une prise en charge coordonnée du patient entre les différents professionnels.

4. Augmenter le nombre de contrats d’engagement de service public (CESP) dans les régions où le nombre de candidats est plus élevé que le nombre de contrats proposé.

5. Augmenter la durée du stage actif de sixième année. 250 heures s’avèrent insuffisantes pour permettre aux étudiants de découvrir une zone sous-dotée et susciter le désir de s’y installer.

6. Mettre en place un service sanitaire interprofessionnel dans lequel les étudiants pourraient travailler avec d’autres professions médicales ou de santé et être encadrés de manière pertinente.

7. Créer un tutorat (c’est-à-dire l’exercice de la profession pour un praticien « junior » sous la supervision d’un praticien « senior ») d’une durée de six mois à un an, soit à l’issue des études, soit à l’entrée dans la profession, et ce dans des zones géographiques définies.

8. Instaurer le principe d’une inscription provisoire au tableau, qui pourrait être liée au tutorat, pour tout nouvel arrivant. L’objectif consiste à déceler les situations d’insuffisance professionnelle préjudiciables et à permettre d’effectuer les stages obligatoires liés à l’obtention d’une autorisation ministérielle.

9. Favoriser les soins dispensés en Ehpad et à domicile :

– créer un cabinet dentaire dans chaque Ehpad à partir d’un certain nombre de lits ;

– modifier les textes pour la prise en charge des prescriptions de transport sanitaire réalisées par un chirurgien-dentiste ;

– créer et mettre à disposition des professionnels de santé des unités mobiles de soins bucco-dentaires destinées aux soins à domicile exceptionnels des personnes dans l’incapacité totale d’être déplacées ;

– accompagner les aidants à domicile, professionnels ou familiaux, dans l’acquisition de connaissances en matière d’hygiène bucco-dentaire.     

10. Développer la télémédecine et les objets connectés :

– définir la place du chirurgien-dentiste dans le dispositif de télémédecine (prévention, ambulatoire) ;

– améliorer la prise en charge par l’assurance maladie des actes de télémédecine lorsque, réalisés en présentiel, ils bénéficient d’une prise en charge ;

– créer des objets connectés et des applications pour assurer la prévention et le suivi des soins des personnes résidant en zones sousdotées ;

– mettre en place une mesure plus coercitive, dont le conventionnement sélectif, laissée à l’appréciation des partenaires conventionnels.