L’Ordre publie son 2e rapport Accès aux soins bucco-dentaires

22/01/2019

Dans sa deuxième édition, le rapport Accès aux soins bucco-dentaires du Conseil national montre une réelle dynamique engagée par la profession en faveur des populations vulnérables. Le mouvement est lancé ; il faut le poursuivre.

Le Conseil national a procédé à une mise à jour complète du recensement des associations et des réseaux de soins engagés dans la prise en charge des personnes en situation de handicap, de précarité et de dépendance. Un travail qui s’est traduit par la publication du deuxième rapport de l’Ordre sur l’accès aux soins bucco-dentaires. Ce document propose une « cartographie précise de l’offre et de la demande de soins sur le territoire qui va au-delà d’un simple travail de recensement. Il s’agit en effet de fédérer les énergies et d’aider au développement d’un maillage complet du territoire », précise Dominique Chave, secrétaire générale du Conseil national. Au total, l’Ordre a répertorié 46 réseaux de soins bucco-dentaires à partir des remontées d’informations des référents Handicap ordinaux présents dans chaque département, consolidées par les coordinateurs régionaux de l’Ordre. Précisons que ces données, en accès libre via le forum d’accès aux soins, permettent d’orienter le patient (ou ses proches) à la recherche d’une prise en charge spécifique. Pour faire avancer ce chantier prioritaire, l’Ordre s’est engagé autour des sept axes de travail présentés ci-dessous.


1. Améliorer la formation initiale et continue

L’amélioration de la formation passe notamment par la réforme des DES, en particulier celui de médecine bucco-dentaire.


2. Développer des techniques spécifiques

Il s’agit de former au sein des réseaux existants :

• des praticiens aux soins buccodentaires spécifiques (Méopa, hypnose, anesthésie générale sans intubation, etc.) ;

• des praticiens à la télémédecine, notamment au prédiagnostic à distance et à la télé-expertise avec des centres experts.


3. Développer les centres ressources

Chaque territoire devrait disposer d’un centre ressources (service hospitalier, réseau, structure dédiée, etc.). Pour ce faire, il est indispensable de créer de nouvelles antennes odontologiques hospitalières, dispositif permettant de former les d’étudiants et de soigner les patients établis dans des déserts médicaux. S’agissant des patients précaires, l’Ordre milite pour la création dans les CHU de consultations odontologiques Pass (permanences d’accès aux soins de santé).


4. Développer des unités mobiles de soins

Il est question ici de bus dentaires et de cabinets démontables gérés ou adossés à des structures sociales (Croix-Rouge, Médecins du monde, Bus social dentaire).


5. Créer des postes de praticiens hospitaliers

L’Ordre milite pour que les services hospitaliers d’odontologie s’ouvrent aux praticiens libéraux et pour la création de postes de praticiens hospitaliers. Des plateaux techniques adaptés doivent ainsi être mis à la disposition des praticiens libéraux.


6. Identifier des partenaires financiers

En premier lieu, l’Ordre plaide depuis des années pour que la prise en charge des transports vers les cabinets dentaires libéraux ou les structures dédiées soit effective sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, un dialogue doit se nouer avec les Agences régionales de santé (ARS) qui ont la possibilité de débloquer des financements pour le développement d’actions d’accès aux soins. Les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) peuvent par ailleurs constituer des leviers utiles pour la formation des praticiens. Enfin, il s’agit de trouver des solutions de financement pour pérenniser l’ensemble de ces actions.


7. Les autres actions

Le Conseil national, en concertation avec les coordinateurs régionaux et les référents Handicap, élabore des protocoles destinés à accompagner les conseils régionaux de l’Ordre dans leurs échanges avec les ARS. Il travaille également sur le chantier de l’allègement du dispositif administratif dans le cadre de la prise en charge pour libérer du temps médical.