Médicaments de l'urgence médicale au cabinet dentaire
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[septembre 2008]

Les médicaments de l’urgence médicale au cabinet dentaire

 

 

  •  Information dentaire n° 21 – 21 mai 2008
  • Florian Laurent * - Florence Rivierre* - Pascal Augustin** - Catherine Bertrand*** - Louis Maman*- Philippe Lesclous*
  • *Département de Médecine Buccale - Chirurgie Buccale Paris Descartes - **Département d’Anesthésie Réanimation - Groupe Hospitalier Bichat Claude Bernard - ***SAMU - CESU 94 - Groupe Hospitalier Henri Mondor - Albert Chenevier

 

 

 

Les chirurgiens-dentistes en tant que professionnels médicaux doivent être capables de prendre en charge une situation d’urgence médicale survenant dans leur cabinet.

Cependant, ils ne sont pas urgentistes, leur rôle n’est pas d’établir un diagnostic précis de chaque situation mais de l’analyser en lien avec le médecin régulateur du SAMU et de mettre en œuvre les premiers gestes permettant de garantir la sécurité du patient. Cela implique que chaque praticien dispose des matériels et des médicaments nécessaires.

L’utilisation de la voie intraveineuse est très souvent suggérée au cabinet dentaire alors que peu de chirurgiens-dentistes sont familiarisés avec ce type d’injection [3]. Le stress qui accompagne une situation d’urgence impose l’utilisation de techniques simples, réalisables par un professionnel de santé, ne les pratiquant pas régulièrement. Dans la plupart des cas, une autre voie d’administration (orale, sous cutanée, intramusculaire, etc.) est utilisable et efficace dans l’attente de moyens médicalisés.

Dans le contexte de l’urgence, le praticien agit dans le cadre d’un geste de sauvegarde en attendant l’équipe médicale. S’il ne le pratique pas, le pronostic vital du patient peut être engagé.

Cet article présente les médicaments qu’il convient d’avoir à disposition dans la trousse d’urgence permettant de prendre en charge les principales situations d’urgence médicale de l’adulte au cabinet dentaire. Le plus souvent, l’utilisation de ces médicaments est subordonnée ou au moins optimisée par les conseils du médecin régulateur du SAMU.

Conclusion

Afin d’assurer la sécurité de ses patients, chaque praticien doit être capable de mettre en place une thérapeutique médicamenteuse dans l’attente de secours médicaux.

L’échange téléphonique avec le médecin régulateur du SAMU permet de confirmer le choix thérapeutique et de mettre en place l’ensemble des actions nécessaires pour stabiliser le patient. La fréquence de survenue des urgences médicales au cabinet dentaire est faible mais certaines peuvent mettre en jeu le pronostic vital du patient. Dans la plupart des cas, ces situations résultent de la décompensation d’une pathologie chronique, d’antécédents particuliers ou de la prise de certains médicaments. Tous ces renseignements collectés grâce au questionnaire médical doivent être à disposition des praticiens et du médecin du SAMU dans le dossier médical du patient.

Les chirurgiens-dentistes doivent rationaliser le nombre de médicaments présents dans leur trousse d’urgence afin d’avoir à disposition les principaux médicaments nécessaires, efficaces, dont l’utilisation est aisée et la conservation maximale. Ainsi, certains médicaments fréquemment préconisés tels une benzodiazépine, un corticoïde ou un antihypertenseur n’ont pas nécessairement leur place dans la trousse d’urgence du cabinet dentaire.

L’emploi de ces médicaments nécessite un entraînement régulier vis-à-vis des techniques d’urgence notamment l’emploi du matériel d’injection et d’oxygénothérapie. Ceci passe par la formation continue et, entre autres, l’Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence (AFGSU).

Par ailleurs, leur utilisation doit systématiquement être consignée dans le dossier du patient (produits, doses, voies). Enfin, contrairement à une idée répandue chez les praticiens, le coût total des médicaments contenus dans la trousse d’urgence n’est pas excessif. En effet, en dehors du coût de location de la bouteille d’oxygène, l’achat de l’ensemble de ces médicaments n’excède pas 45 à 85 euros pour une durée moyenne de conservation de deux ans.

Bibliographie

  1.  American Heart Association. Central vagotonic effects of atropine modulate spectral oscillations of sympathetic nerve activity. Circulation. 1998 ; 98 : 1394-1399.
  2. Charles F, Plaisance P. SAMU Urgences. Guide pratique des médicaments - 2e édition. Éditions Estem. Issy les Moulineaux. 2000.
  3. Lesclous P, Louville Y. Les médicaments de l’urgence au cabinet dentaire. Réalités Cliniques. Juin 1998 ; 9 ; 2 ; 185-194.
  4. Révision de la 3e conférence de consensus en réanimation et médecine d’urgence de 1988. Prise en charge des crises d’asthme aiguës graves de l’adulte et de l’enfant (à l’exclusion du nourrisson). Réanimation. 2002 ; 11 : 1-9.
  5. Staikowsky F. Guide de poche des médicaments de l’urgence. Paris. Maloine. 2004.
  6. Vidal 2006. 82e édition. Issy les Moulineaux.
  7. Dorosz 2006. 26e édition. Edition Maloine. Paris.