
Le protoxyde d’azote sort – enfin – de l’hôpital ! Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de stigmatiser les praticiens des hôpitaux,
seuls autorisés, jusqu’alors, à recourir à cette technique de sédation consciente par inhalation particulièrement
adaptée à certaines catégories de patients (phobiques, handicapés, jeunes patients). Bien au contraire. On doit
à quelques consoeurs et confrères hospitaliers d’avoir initié très tôt le combat pour l’élargissement de cette méthode en pratique
de ville. Ce sont eux qui, les premiers, ont identifié les immenses avantages de cette technique, et qui ont milité pour l’accès
des spécialités à base de mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote (Méopa) en pratique de ville.
L’Ordre, avec eux, n’a pas ménagé sa peine pour faire avancer ce dossier qui, au-delà de l’élargissement d’une technique efficace à tous
les praticiens, relevait d’un enjeu de santé publique. L’amélioration de l’accès aux soins des patients handicapés en pratique de ville,
notamment, méritait, à elle seule, que cette décision fût prise.
Cette mesure pourra également avoir – devra avoir ! – pour conséquence l’accès au cabinet dentaire de patients que nous,
chirurgiens-dentistes, n’avons encore jamais vus sur un fauteuil.
L’absence de toute étude quantifiée sur la question nous condamne aux conjectures, mais il paraît évident que les patients atteints
d’une «phobie du dentiste» représentent une minorité significative.
Le Méopa représente, pour ces personnes souvent désemparées, une réponse concrète à leur problème. N’évacuons pas non plus
la force symbolique de la décision de l’Afssaps d’élargir le recours au Méopa en pratique de ville. Cette mesure concerne en effet
d’autres disciplines médicales que la nôtre. Mais, précisément en cela, elle confirme notre profession en tant que pratique
médicale à part entière. A l’heure de la mise en place très proche du LMD, à l’heure où la dénomination internationale ISO
confirme officiellement le passage de l’«art dentaire» à la «médecine bucco-dentaire», nous y voyons une grande
cohérence et la confirmation d’une évolution durable dont nous, chirurgiens-dentistes, pouvons être particulièrement fiers.
