
Les textes d’application de la loi HPST sur le développement professionnel continu (DPC) viennent de porter le coup de grâce définitif à notre formation continue odontologique. Cette loi avait en effet fauché en plein vol le formidable élan qu’avait connu notre formation continue telle que l’avait conçue et organisée la profession dans son ensemble. Et ce que nous annoncent les textes sur le DPC donne un immense sentiment de gâchis. Passe encore que l’État et l’assurance maladie veuillent prendre la main sur la formation continue, pardon, sur le développement professionnel continu, et son corollaire, l’amélioration des pratiques.
Mais ce sont les modalités avec lesquelles ces deux acteurs veulent exercer leur magistère qui posent problème. Dans les faits, les praticiens se verront collectivement imposer des thèmes de formation et seront remboursés selon des modalités et un financement qui restent incertains. On doute qu’un praticien dont l’objectif, par exemple, est d’approfondir ses connaissances en endodontie, soit particulièrement reconnaissant à l’État et à l’assurance maladie de toucher une prime pour avoir fermé son cabinet dentaire et suivi une formation dans un tout autre domaine, inadapté à ses besoins.
C’est un peu la collectivisation soviétique revue et corrigée par le père Ubu. Très concrètement et plus sérieusement, les chirurgiens-dentistes ne seront plus acteurs de leur formation continue. Ils n’en seront que les sujets. À peine né, le développement professionnel continu, alors même qu’il est, en tant que principe, porteur d’une valeur ambitieuse, moderne et innovante, nous paraît, dans son expression actuelle, déphasé et obsolète.
L’avenir dira si nos tutelles accepteront un jour de prêter une oreille plus attentive – c’est une litote – à nos propositions.
Nous vous souhaitons, à toutes et à tous, une excellente année 2012.
Sachez que l’Ordre sera à vos côtés pour jouer pleinement son rôle de conseil et d’orientation.

