
Le contexte de réduction des déficits et d’apurement de la « dette souveraine » de la France est peu, c’est le moins que l’on puisse dire, favorable aux investissements structurels. Dans ce climat de tension budgétaire, les bonnes nouvelles sont rares.
C’est bien pourquoi il convient d’accueillir les récentes décisions de l’Etat en faveur des maisons médicales comme un acte politique important. En pratique, parmi une quarantaine de mesures concrètes, le Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) a décidé de participer au financement de « maisons de santé pluridisciplinaires » en zone rurale à hauteur de 25 % à 30 %.
On ne doute pas que les collectivités territoriales trouveront les ressources nécessaires au bouclage du financement de ces structures tant elles participent à l’amélioration des services rendus aux populations dans ces territoires.
En effet, dans l’éventail de ces services, l’offre de soins constitue l’un des aspects primordiaux. C’est en tout cas ce qu’a bien compris le comité interministériel, qui annonce également la création de 400 contrats d’engagement de service public – prévus par la loi HPST – pour 2010-2012 en milieu rural. Il s’agit d’attribuer une bourse de 1 200 euros par mois aux étudiants en médecine s’engageant à exercer en zone fragile pour une durée équivalente à celle de leurs études. Le Conseil national plaide pour l’extension de ce dispositif, réservé pour l’instant aux seuls étudiants en médecine, aux étudiants en odontologie.
Pour autant et plus largement, ces mesures apparaissent comme un signal positif envers les professions médicales et de santé. S’agissant de répartition démographique, il semble que la voie de la coercition soit abandonnée au profit de l’incitation, couplée à un effort financier en termes d’infrastructures. Bien sûr, les élections générales se rapprochant, l’exécutif n’est peut-être pas exempt d’arrière-pensées, et ce qui est abandonné aujourd’hui peut ne plus l’être demain. Qu’à cela ne tienne : il appartient à notre profession de se mobiliser pour prendre le train de ces maisons de santé pluridisciplinaires tout en promouvant d’autres mesures comme celle du tutorat. En termes de maillage sanitaire des territoires, l’ensemble de ces leviers peut constituer une alternative crédible à cette coercition tant redoutée.
